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| Mehdia, une
vieille histoire. « Le surf ici ne date d’hier. Ce lieu chargé d’histoire, qui a vu nombre de naufrages et de batailles, est aussi le berceau du surf au Maroc. Haut lieu stratégique, Kénitra fut l’un des centres névralgiques du protectorat français. En 1912, un certain maréchal Lyautey a décidé de l’équiper d’un port militaire et de commerce, puis d’une base pour hydravion en 1928. Quel rapport avec le surf marocain ? Justement, ça arrive, puisque cette base française, puis franco-américaine, verra l’installation de centaines de GI’s et de militaires français. C’est l’un d’eux, Claude Berard, qui apportera au Maroc la première planche. Il la partagera avec Henri Coggia, Pierre Chalaud et “Mamoune“, l’un des maîtres nageurs de la plage. Nous sommes en 1960, quelques années seulement après la naissance du surf au pays basque. Très vite, le potentiel marocain est diffusé, les premiers touristes surfeurs débarquent. Beaucoup sont des Australiens fuyant leur pays et la loterie à l’enrôlement vers la guerre du Vietnam. Certains restent même plusieurs années à Mehdia. Plus tard, le Maroc devient un lieu de pèlerinage pour hippies et attire aussi son lot de surfeurs plus ou moins baba, et de baba plus ou moins surfeurs. L’hiver poussera les voyageurs toujours plus au sud. À chaque étape, le « virus » se transmet aux Marocains par le biais de ces trippeurs. Ceux qui oseront les aborder seront les surfeurs de la première génération, essentiellement constituée de Français du Maroc, les seuls ayant les moyens de s’offrir une planche. Les années 70, avec le développement du tourisme, verront une seconde génération émerger, celle de Abdelhak Chliyeh,surnommé Bourvil,Madani Essadiq… La troisième génération, celle de Boumediene Omari, l’actuel gérant de l’école de surf de Mehdia, Atlantic Mehdia Surfing. Il raconte cette “belle époque“ avec les yeux qui brillent : “du Nord au Sud, tous les surfeurs se connaissaient. À Mehdia, nous étions une bonne équipe de fous furieux“(Fouad Yassini, Sif, Hassan, Najib, Houcine…). Des photos jaunies fleurant bon la fin des 70’s et le début des 80’s (boardshorts fluos et planches épaisses) circulent. Souvenirs d’une bande joyeuse surfant dans le Nord, et défrichant les spots du sud, alors encore vierges. Boumedienne Omari fait partie des surfeurs de la troisième génération. Il a monté l'école de surf dans le berceau du surf marocain, Mehdia-Plage. Un spot très consistant du nord du Maroc, situé à quelques encablures d'un joli point-break déroulant entre les énormes digues permettant d'accéder au port de Kénitra lorsque la mer est grosse. |
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| Texte de Nicolas Rousson, www.wavetrotter.com | ||||